Les Transitions

Le Journal of the American Association a fait paraître récemment une nouvelle étude menée sur un échantillon de 2 millions de personnes en Suède nés entre 1982 et 2010, dont 14 000 autistes.
La conclusion de cette expérience serait que les causes environnementales sont aussi importantes que les causes génétiques. C’est la première fois qu’une étude se révèle aussi complète et montre que la part de responsabilité des facteurs environnementaux peut atteindre les 50% : « Nous ne nous attendions pas à une telle importance des facteurs environnementaux » nous explique Abraham Reichenberg, principal auteur de l’étude. En effet, même si l’origine de cette anomalie n’est pas encore connue, les chercheurs ont fait remarquer que l’environnement était plus impliqué : 50% des facteurs de risque sont génétiques et ce qui reste relève de l’environnement partagé (facteurs familiaux) ou non partagé (facteurs individuels). Reichenberg insiste : « de la même manière qu’il faut envisager de nombreux facteurs génétiques, il y a probablement des facteurs environnementaux très variés qui contribuent au développement de l’autisme ». C’est dans cette perspective que les facteurs environnementaux ont été découpés en plusieurs facteurs : le statut socio-économique du foyer, les complications à la naissance, les infections maternelles, et les médicaments pris pendant et après la grossesse. Il en résulte que l’Inserm a enregistré 100 000 jeunes subissant un trouble envahissant du développement (TED) dont fait partie l’autisme, et il s’agit surtout d’un cas fréquent chez les garçons. L’autisme infantile concernerait alors 30 000 d’entre eux.

Une omniprésence de risque pour les frères et sœurs d’enfants autistes


Il existe deux mesures permettant d’évaluer le risque d’autisme : l’hérédité, et le risque relatif récurrent se déterminant avec le degré de proximité familiale avec un membre de la famille atteint d’autisme. Par exemple, les enfants ayant un frère ou une sœur autiste sont dix fois plus susceptibles de développer eux-mêmes cette anomalie, trois fois s’il s’agit d’un demi-frère ou d’une demi-sœur et deux fois s’ils ont un cousin atteint d’autisme.

Cette étude se révèle très utile pour les parents souhaitant connaître les risques d’avoir un enfant autiste lorsque le premier est déjà atteint de la maladie : « notre étude a été provoquée par une question que se posent souvent les parents : J’ai un enfant autiste, quel est le risque que mon prochain enfant le soit aussi ? Notre étude montre qu’à un niveau individuel, le risque d’autisme augmente selon la proximité avec un parent autiste » nous explique le co-auteur de l’étude Sven Sandin.

Néanmoins, il faudra approfondir davantage l’étude afin de connaître plus précisément les origines de l’autisme en prenant conscience dorénavant du facteur environnemental. Il s’agirait d’un moyen plus rapide pour connaître les différentes alternatives quant au soin qu’il sera possible de donner aux autistes.

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