Les Transitions

L’Agence Internationale de l’Energie (AIE) a publié le 17 avril dernier un rapport intitulé « Identifier les progrès de l’énergie propre ». Ce document démontre que malgré les investissements dans les énergies renouvelables, l’unité moyenne d’énergie produite aujourd’hui est aussi sale qu’il y a 20 ans.

Lors de la présentation du rapport, Maria van der Hoeven, directrice exécutive de l’AIE, a déclaré que « la voie pour rendre plus propre le système mondial de l’énergie a été paralysée ». Les engagements politiques de la conférence de Rio de 1992 et du protocole de Kyoto en 1997, ainsi que le boom des technologies renouvelables depuis une décennie, n’ont pas permis la réduction de l’intensité carbone. Le système stagne. La faute est à imputer à un bouquet énergétique encore largement dominé par les énergies fossiles (le charbon en tête) mais aussi à un développement encore trop lent des technologies moins carbonées.

En conséquence, l’agence estime que le  monde n’est pas en passe d’atteindre les objectifs intermédiaires fixés pour 2020 du scénario visant à limiter le réchauffement à 2 degrés en 2100. Pour éviter que le réchauffement planétaire ne dépasse cette limite, il faudrait que l’indice de l’intensité carbone du secteur de l’énergie baisse de 5,7 % d’ici à 2020 et de 64 % d’ici à 2050.

 

Dans la suite du rapport, l’AIE souligne positivement le fait que les pays émergents investissent de plus en plus dans les énergies renouvelables, ce qui a notamment comme conséquence de faire baisser les coûts de tels investissements pour tous. Le rapport indique que les panneaux photovoltaïques et l’énergie éolienne ont fortement augmenté entre 2011 et 2012, respectivement de 42% et de 19%, en dépit de la situation de turbulence qui règne dans ces secteurs à cause de certaines décisions politiques et économique.

En effet, au premier trimestre 2013, les investissements mondiaux dans les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique sont tombés au plus bas depuis quatre ans, avec une baisse de 22 % sur un an, selon une étude publiée par Bloomberg New Energy Finance (BNEF). Au premier trimestre, ces investissements ont reculé à 40,6 milliards de dollars, soit un niveau « inférieur à tout autre trimestre au cours des quatre dernières années », selon BNEF. Le déclin – de 38% par rapport au dernier trimestre 2012 – reflète les effets de l’incertitude politique dans les gros marchés de l’énergie propre, comme les Etats-Unis ou l’Allemagne, et une stagnation des financements dans des marchés relativement actifs, comme la Chine et le Brésil.

Une solution pourtant permettrait de réduire à la fois les émissions de gaz à effet de serre et les postes de dépenses énergétiques : elle consisterait en des économies d’énergie, plus particulièrement dans le bâtiment en y installant des dispositifs de maîtrise de la dépense électrique et d’efficacité énergétique.

 

 

Mathieu Ravignan

 

Crédit photo : ®suzukimaruti

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *