Les Transitions
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Si la découverte de gisements de gaz naturel au large de la Tanzanie et de pétrole au Mozambique, au Kenya et en Ouganda, attire logiquement les investisseurs étrangers et les grands groupes énergétiques internationaux dynamisant ainsi l’économie locale de ces régions, les énergies fossiles ne pourront constituer une solution à long terme aux problèmes d’approvisionnement électrique récurrents que connaît le continent africain. Les particularités des réseaux électriques nationaux sur le continent noir, bien souvent inadaptés à la demande, font de l’énergie photovoltaïque une alternative évidente et cela aussi bien d’un point de vue énergétique qu’économique. Dans ce cadre, le prochain New York Forum Africa, premier forum économique panafricain, évoquera au sein d’un espace d’échanges propice aux partenariats, les différentes opportunités de ce secteur, aidant ainsi à la structuration d’une filière industrielle en devenir et porteuse d’emplois pour les PME et les start-up africaines. 
La demande croissante en électricité et la saturation du réseau liée à des capacités de production vieillissantes et insuffisantes, imposent encore aujourd’hui de nombreux délestages quotidiens dans les grandes agglomérations du continent africain. Sans compter les régions les plus isolées qui bien souvent ne sont même pas reliées au réseau électrique. En effet, environ 585 millions de personnes en Afrique subsaharienne n’ont pas accès à l’électricité et seulement 20% des populations sont reliées aux réseaux nationaux.
Dans un tel contexte, la forte baisse des coûts de production pour les énergies alternatives enregistrée en 2014, notamment dans l’énergie solaire photovoltaïque et éolienne, et les progrès technologiques en matière de batteries de stockage, permettent de revoir à la hausse les ambitions énergétiques des pays africains. L’Afrique reçoit 49% de l’ensoleillement mondial et l’énergie solaire constitue donc une ressource de poids adaptée aux spécificités du continent qu’il suffit d’exploiter et de mettre à profit.
Comme l’explique Uvie Ugono, président du groupe africain Solynta Energy, entreprise spécialisée dans les installations solaires, « le manque général d’accès à l’électricité conventionnelle fait du solaire l’une des solutions privilégiées pour permettre l’accès à l’électricité à ces populations ».
Tout l’enjeu des prochaines années pour les gouvernements africains sera donc de mettre en place des mécanismes pour favoriser le développement de ce secteur et accélérer le processus d’électrification. Un thème qui sera largement évoqué lors du prochain New York Forum Africa organisé par Richard Attias au mois d’août prochain à Libreville au Gabon et qui abordera entre autres le développement économique de l’Afrique via la filière énergétique. Le NYFA se penchera en effet sur les principaux secteurs en croissance et les débouchés en matière d’investissements, permettant de dynamiser l’économie du continent et d’impulser l’entrepreneuriat, seul moteur de croissance valable à long terme.
Plusieurs Etats africains ont déjà lancé de grandes campagnes d’investissements dans l’énergie solaire. Ces investissements sont estimés à 5.9 milliards de dollars en Afrique du Sud, au Kenya et en Ethiopie pour l’année 2014 et pourraient atteindre 7.7 milliards de dollars en 2016 (en comparaison avec une moyenne de 1 milliard de dollars par an entre 2006 et 2011). Cela étant, la majorité des gouvernements n’ont pas encore pris la mesure du potentiel que représente l’énergie solaire dans leurs pays. Une énergie qui permettra non seulement de venir à bout des délestages fréquents et qui favorisera l’institution d’un nouveau secteur économique et la création de milliers d’emplois supplémentaires.

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