Les Transitions

maxresdefaultAvenir de l’entreprise pour les uns, posture communicationnelle pour certains ou encore expérimentation concluante pour d’autres, le thème de l’Entreprise Libérée s’installe de plus en plus dans le paysage parfois statique des modèles économiques et managériaux. Le but : accorder une place plus grande aux employés avec l’instinct que « celui qui fait, sait ».

L’entreprise française s’inscrit dans un modèle hiérarchique classique, fondé sur une stricte séparation entre conception et fabrication, entre cols bleus et cols blancs, entre managers et opérateurs. Pour les tenants de l’Entreprise Libérée, ce modèle dépassé ne correspond plus aux évolutions de la société, qui doit accorder une place toujours plus grande à l’individu et à ses capacités personnelles. Le but est pour le moins ambitieux : rendre l’entreprise plus productive en libérant les employés du contrôle, de la paperasse bureaucratique et plus généralement de toute forme de hiérarchie, signant ainsi le déclin annoncée de la figure du manager.

En effet, le ‘mieux-être’ au travail reste le but principal de l’Entreprise Libérée, avec l’idée qu’une baisse du stress au travail par une libération des employés de la chaîne de contrôle permettrait une meilleure productivité et donc, des rendements supérieurs. En bref, l’Entreprise Libérée prend le contre-pied du vieux modèle paternaliste et hiérarchisé en redonnant la décision à l’acteur et en éliminant, progressivement, la quasi-totalité des niveaux hiérarchiques, permettant en outre d’évidentes économies d’échelle, une meilleure flexibilité du travail et une réaffirmation de la valeur fondamentale du facteur humain dans l’entreprise. Ce n’est ainsi plus le ‘comment’ qui dicte le fonctionnement de l’organisation mais le ‘pourquoi’, devant donner un objectif à l’entreprise sans pour autant imposer la façon d’y arriver.

Aujourd’hui, cette vision reste bien peu enseignée dans les grandes écoles. Pourtant certaines entreprises ont déjà mis en place ce modèle, parfois avec des succès réels. Outre l’équipementier automobile FAVI ou encore la biscuiterie Poult à Montauban, plusieurs grands groupes français se prêtent au jeu, comme le géant du pneu Michelin pour sa composante support au siège du groupe ou encore le groupe Mulliez. Mais pour l’instant, l’Entreprise Libérée doit encore faire face à la méfiance des managers, inquiets de se voir déposséder de leurs prérogatives.

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