Loi sur la transition énergétique : l’énergie de demain au service de l’environnement

Fondée sur le développement de sources d’énergie nouvelles en rupture avec le tout-nucléaire, la grande loi sur la transition énergétique, projet phare du gouvernement Hollande, devrait être présentée au Parlement d’ici la fin de l’année. Entre reports, reculades et compromis, cette loi s’annonce tout de même comme une étape majeur de la transition énergétique.

Un projet phare du quinquennat socialiste

La France est le pays le plus dépendant d’Europe en matière de nucléaire. Héritage de la période post-Trentes Glorieuses et de l’industrialisation massive de l’Hexagone, les centrales émaillent aujourd’hui tout notre territoire. Cependant, dans un souci de préservation de l’environnement mais aussi d’ « indépendance énergétique », la loi sur la transition énergétique prévoit le développement de nouvelles sources d’énergie et une baisse de la part du nucléaire dans la production globale. Point non négociable de l’alliance entre écologistes et socialistes au sein du gouvernement, cette loi provoque des remous au sein de l’Assemblée et des tensions entre les deux groupes perdurent après les récentes évolutions. Une nouvelle fois incapables de respecter les objectifs fixés à l’origine, le gouvernement doit faire face aux critiques acerbes des écologistes. Tandis que Nicolas Hulot dénonce un report « inacceptable », Cécile Duflot dénonce l’existence de « lobbys » au sein du gouvernement -Arnaud Montebourg en tête-, qui freineraient volontiers l’avancée des choses.

 

Mettre fin à la dépendance au nucléaire

Très prisée, l’énergie nucléaire nécessite des coûts initiaux très importants et des investissements massifs. Cependant, à long terme, l’énergie nucléaire profite de rendements excellents et de coûts d’entretien relativement faibles. Si loi compte 8 grands principes, deux de ces derniers nous intéressent tout particulièrement, ainsi de la partie sur la transition énergétique et de celle sur le nucléaire. La loi fixe en effet un plafond de 63,2 Gigawatts dédié à l’énergie nucléaire. Ce chiffre correspondant à la production actuelle, aucun nouveau centre de production ne devrait ainsi être construit sans fermetures préalables. En bref, sans pour autant copier un modèle allemand tout particulièrement rigoureux en matière de nucléaire, la France souhaite tout de même réduire sa dépendance dans ce secteur. Plusieurs chiffres et objectifs sont d’ores et déjà connus du grand public quand au développement de nouvelles énergies. Le plus important d’entre tous reste cependant la baisse à 50 % de la part du nucléaire dans la production totale française. Enfin, la plus ancienne (1978) et très controversée centrale de Fessenheim, pourrait aussi être fermée d’ici 2016 comme prévu par le texte initial du projet de loi.  Notons aussi que dans tous les cas de figure, le nucléaire militaire ne saurait être touché par cette loi, un désarmement unilatéral étant pour le moment totalement inenvisageable sans une coopération active des autres puissances.

 

Augmenter la part des énergies renouvelables et baisser les émissions à effet de serre

 Autre fer de lance de la loi sur la transition énergétique, l’augmentation de la part des énergies renouvelables et la baisse des émissions apparaissent aussi fondamentales. D’ici 2030, le gouvernement espère porter la part des énergies renouvelables à 40 de la consommation d’énergie et à 32 % de la production d’électricité. En bref, un grand bond en avant dans un pays encore fort peu à l’aise avec les énergies nouvelles. Autre souci environnemental majeur à l’heure de la hausse des températures, les émissions à effet de serre devraient être réduits de 40 % d’ici 2030, en comparaison avec les émissions de 1990. Visant « l’intégration au marché de l’électricité et au système électrique des renouvelables », de vastes mécanismes de soutien devraient être mis en place afin d’encourager le développement des énergies renouvelables. L’Etat devrait ainsi jouer un rôle crucial dans ce domaine en encourageant financièrement ce secteur. La loi « prévoit la création d’un mécanisme (dit «complément de rémunération») qui vise à permettre la mise en œuvre de dispositifs de soutien sous la forme d’une aide versée en complément de la vente sur le marché de l’électricité produite par les énergies renouvelables ». Projet ambitieux, la grande loi sur la transition énergétique annonce des bouleversements massifs dans le domaine de l’énergie et s’inscrit tout à fait dans les évolutions contemporaines.

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