Quatre mesures pour 2°C : le scénario de l’AIE pour contenir le réchauffement climatique

Selon un rapport sur la problématique énergie-climat présenté le 10 juin 2013 par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les émissions de gaz carbonique (CO) ont atteint l’an dernier le niveau record de 31,6 gigatonnes, soit une hausse de 1,4 % par rapport à 2011. «Si nous continuons sur la trajectoire actuelle, l’augmentation de la température ne sera pas de 2 degrés mais de 5,3 degrés [par rapport à l’époque préindustrielle], ce qui aurait des conséquences désastreuses en termes d’évènements climatiques extrêmes, d’élévation du niveau de la mer et entraînerait d’énormes coûts économiques et sociaux», a prévenu la directrice générale de l’AIE, Maria van der Hoeven, lors de la présentation du rapport à Londres.

Pour contenir le réchauffement climatique à deux degrés Celsius, objectif fixé par la conférence de Cancun en 2010, l’AIE propose quatre séries de mesures qui permettraient de réduire de 3.1 gigatonnes les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020, soit 80% des économies recherchées.

 

Ce scénario, baptisé «4 pour 2°», s’appuie uniquement sur des technologies existantes et  qui sont déjà mises en œuvre avec succès dans plusieurs pays.

La première série de mesures représente la moitié des réductions d’émissions envisagées. Elle consiste à multiplier les efforts d’efficacité énergétique dans le bâtiment, les transports et l’industrie. Selon l’agence, leur coût sera plus que compensé par les économies d’énergies réalisées.

La deuxième série de mesures demande de limiter l’utilisation et la construction de centrales électriques à charbon à bas rendement, extrêmement polluantes, et augmenter le recours au gaz et aux énergies renouvelables.

Une troisième piste propose de réduire les rejets de méthane (autrement dit de gaz naturel non brûlé, à fort effet de serre) de l’industrie pétrolière et gazière

Enfin, la quatrième mesure appelle à remplacer les subventions à la consommation de carburants par des aides à l’efficacité énergétique.

 

Selon les calculs de l’agence, si les États ne décidaient pas d’agir dès maintenant pour respecter l’objectif des 2 degrés, ils économiseraient 1.500 milliards de dollars sur le court-terme mais ils leur en couteraient alors 5.000 milliards à partir de 2020 pour atteindre le même but.

 

Mathieu Ravignan

 

Crédit Photo : ® danxoneil

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