Quelles solutions pour lutter contre la précarité énergétique ?

Objectif consacré par la nouvelle loi de transition énergétique, la lutte contre la précarité énergétique constitue aujourd’hui une condition indispensable au succès d’un nouveau système énergétique plus responsable et plus durable et cela aussi bien sur le plan social qu’environnemental. Les difficultés rencontrées dans la maîtrise de l’énergie et de sa consommation s’accentuent chaque année un peu plus et sont désormais monnaie courante pour près de 4 millions de ménages en France. Un constat alarmant qui a poussé de nombreux services sociaux et associations caritatives à se former et à se spécialiser dans le domaine de l’efficacité et de la sobriété énergétique afin de conseiller au mieux les personnes les plus démunies.
Réaliser un diagnostic thermique de son logement, effectuer des travaux d’isolement, connaître et appliquer au quotidien les éco-gestes pour modifier son comportement et ses habitudes dans le sens d’une consommation plus responsable, les solutions pour réduire sa facture d’électricité existent mais ne semblent pas à la portée de tous.
En effet, comme le précisait au mois d’octobre dernier l’Observatoire national de la précarité énergétique (ONPE), plus de 11 millions de personnes, soit un cinquième de la population française, éprouveraient encore des difficultés à se chauffer et à s’éclairer. Une situation des plus précaires qui nécessite aujourd’hui un renforcement des aides au paiement des factures dans les plus brefs délais. Si le projet de loi de Ségolène Royal a bien évoqué la mise en place des chèques Energie, cette disposition parait bien insuffisante pour certains et ne sera de plus pas applicable avant plusieurs mois.
«L’urgence, c’est d’aider à présent les plus démunis à payer leur factures car l’impayé fait peser le risque de la coupure», prévient Bruno Léchevin, président de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), évoquant ainsi le besoin urgent d’«un outil de solidarité nationale».
En attendant, le groupe EDF, premier fournisseur d’électricité en France, tente depuis plusieurs années d’épauler les personnes en situation de précarité énergétique par la mise en place de tarifs sociaux et de contrats plus adaptés, mais en accompagnant également au quotidien les associations et organismes de proximité.
Plusieurs organisations bénéficient du soutien du groupe EDF comme la Croix-Rouge, les Restos du Cœur, la Fondation Abbé Pierre, les Secours catholiques ou l’ADIL (Association départementale d’information sur le logement). Des collaborations conventionnées qui doivent permettre, via l’appui et le relais des travailleurs sociaux, de mieux informer et conseiller les usagers en matières de tarifs sociaux, d’étalement de la dette ou d’économies d’énergie.
Des efforts sur le terrain indispensables mais qui devront toutefois s’accompagner de dispositions législatives cohérentes concernant les chèques énergies et les subventions publiques envisagées pour soutenir la rénovation énergétique des logements pour les ménages modestes.
«Penser pouvoir réussir la transition énergétique et écologique sans traiter la question sociale, ce serait prendre un risque d’échec majeur», conclut dans ce sens Bruno Léchevin.

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