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Technologies quantiques : La France et les Pays-Bas unissent leurs forces

Un ordinateur Macbook Air

Ph: Unsplash

 

Face à une course effrénée des puissances mondiales pour l’obtention des technologies quantiques, la France et les Pays-Bas ont décidé de collaborer afin d’avoir plus de chance de remporter le pari. Les deux pays ont signé mardi un protocole d’accord visant à intensifier les synergies pour la recherche dans ce domaine. Objectif final : mettre au point un ordinateur quantique universel.

Des pays en pointe dans le domaine

Le secrétaire d’Etat français en charge du numérique et des communications électroniques, Cédric O, et la secrétaire d’Etat néerlandaise en charge des affaires économiques et des politiques climatiques, Mona Keijzer, ont signé mardi un protocole d’accord pour intensifier les synergies entre leurs deux pays dans le domaine des technologies quantiques. C’était en marge d’une rencontre à Paris entre Emmanuel Macron et Mark Rutte, le Premier ministre des Pays-Bas. Cette coopération a pour but de tisser un écosystème européen dans le domaine du quantique. Au bout, il y a des promesses d’emplois et de revenus.

« Les Pays-Bas et la France sont en pointe depuis des années dans le domaine, et pour conserver cette longueur d’avance à l’échelle internationale il est nécessaire de coopérer au niveau européen », a expliqué Mme Keijzer. De son coté, Cédric O a indiqué qu’à travers cet accord, le gouvernement français souhaite d’abord « consolider une coopération bilatérale de longue date dans la recherche académique ». Aussi, Paris veut « accélérer leurs synergies privées » qui permettront de faire émerger des licornes européennes du quantique.

Qu’est-ce que l’ordinateur quantique ?

L’objectif final est de construire l’ordinateur quantique universel. Il s’agit d’un ordinateur équivalent des ordinateurs classiques, mais qui effectue ses calculs en utilisant directement les lois de la physique quantique (physique qui étudie les particules atomiques et subatomiques). Théoriquement beaucoup plus rapide, cette machine est censée révolutionner de nombreux domaines comme l’innovation, la défense, la santé et la mobilité. Mais, elle n’est encore qu’à ses débuts. Un modèle performant ne devrait pas être conçu avant 2050, selon les experts.

L’Europe, premier investisseur mondial

L’accord signé mardi permettra-t-il de raccourcir ce calendrier ? Nul ne sait, mais l’on peut espérer que l’union des forces permettra d’avancer plus vite sur ce projet. La France et les Pays-Bas vont mettre en place une gouvernance et un cadre d’échange afin d’identifier les opportunités de financement. En janvier dernier, Emmanuel Macron avait déjà annoncé un plan de 1,8 milliard d’euros pour faire de la France, l’une des premières puissances mondiales dans les technologies quantiques. « Entre les plans nationaux quantiques de la France, des Pays-Bas et d’autres pays européens et les programmes de la Commission Européenne, l’Europe est de loin le premier investisseur mondial dans le quantique », s’est réjoui Cédric O.

Un modèle d’ici 2025 pour Bruxelles

Malgré tout, l’Europe ne fait pas encore le poids face à la Chine et aux États-Unis qui comptent la majorité des mastodontes du secteur tels qu’IBM,  Microsoft et Google. En plus des financements, Bruxelles devrait indubitablement créer un cadre plus attractif pour maintenir les talents sur le continent. C’est aussi à cette condition que l’UE pour gagner sa souveraineté numérique. Dans sa stratégie pour une autonomie numérique en 2030, elle a prévu disposer de son premier ordinateur quantique d’ici à 2025. Un horizon apparemment très ambitieux.

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