D’ici la fin du siècle, plus de 5 500 sites industriels sensibles à travers le pays pourraient être engloutis par la montée des eaux si les émissions de gaz à effet de serre poursuivent leur progression incontrôlée.
C’est une étude publiée à titre d’alerte par des chercheurs des universités de Californie à Berkeley et Los Angeles, en partenariat avec l’organisation Climate Central : plus de 5 500 sites industriels et de traitement des pollutions pourraient être exposés d’ici 2100 à un risque d’inondation « centennale » (1 chance sur 100 chaque année), dont au moins 3 800 dès 2050.
Les installations en question vont des stations d’épuration aux décharges de déchets dangereux, en passant par les raffineries, les ports, les terminaux pétroliers et d’anciens sites militaires contaminés.
Implantées historiquement en bord de mer pour faciliter l’acheminement des ressources et le transport maritime, ces infrastructures se retrouvent aujourd’hui en première ligne face à la hausse du niveau des océans et à la multiplication des tempêtes.
Pour parvenir à ces résultats, les auteurs ont passé en revue près de 50 000 installations réparties dans 23 États côtiers américains et à Porto Rico, en modélisant les risques d’inondation pour 2050 et 2100 selon plusieurs trajectoires possibles d’émissions de gaz à effet de serre.
Sept États concentrent 80% du risque
Sept États – la Floride, le New Jersey, la Californie, la Louisiane, New York, le Massachusetts et le Texas – représentent près de 80% des sites dangereux menacés d’ici 2100. La Louisiane arrive en tête avec plus de 1 000 installations à risque, en raison notamment de sa forte concentration de puits de pétrole et de gaz.
Dans un scénario d’émissions élevées, les quartiers qui accueillent une ou plusieurs de ces installations présentent des parts plus importantes de locataires, de ménages pauvres, de résidents hispaniques, de foyers linguistiquement isolés, de ménages sans voiture, de personnes âgées et de non-inscrits sur les listes électorales que les zones épargnées.
Selon Lara Cushing, professeure associée en sciences de la santé environnementale à l’Université de Californie à Los Angeles et principale auteure de l’étude, ces menaces futures pèsent de façon disproportionnée sur les populations défavorisées et celles qui ont subi des discriminations, entre autres.
La réduction des émissions : une solution limitée à court terme
Les communautés déjà très sollicitées, comme celle de Richmond en Californie, où la précarité et d’autres facteurs de stress sociaux amplifient les pressions environnementales, ont 50% de probabilité supplémentaire de se situer à moins d’un kilomètre d’un site dangereux exposé au risque d’inondation d’ici la fin du siècle.
Les habitants hispaniques, les parents isolés, les seniors et les personnes vivant dans la pauvreté présentent jusqu’à 41% de risque supplémentaire de résider à proximité d’une installation menacée.
Plus préoccupant : les projections montrent que la restriction des émissions de gaz à effet de serre à un scénario de faibles émissions ne réduirait le nombre de sites menacés que de 5 500 à 5 138.
