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Crédit Agricole sanctionné pour son inertie climatique

La Banque centrale européenne a infligé une amende de 7,55 millions d’euros à l’établissement français, coupable de ne pas avoir pris en compte ses risques liés au climat dans les délais exigés.

Les institutions financières doivent désormais rester vigilantes face aux perturbations liées au climat. Et lorsqu’elles manquent à cette obligation, notamment dans la zone euro, la Banque centrale européenne (BCE) veille au grain. L’autorité vient dans ce cadre d’imposer une amende de 7,55 millions d’euros à Crédit Agricole.

En cause : l’incapacité du groupe à mener dans les délais une évaluation de matérialité, un exercice destiné à identifier quels prêts et investissements sont les plus exposés aux risques climatiques (inondations, vagues de chaleur, incendies, etc.).

Cette analyse, adossée à une décision de la BCE datée du 8 février 2024, constitue un pilier essentiel d’une gestion bancaire responsable dans un environnement en mutation. Sans cet examen, une banque ne peut ni cerner ses fragilités ni prendre des décisions de financement éclairées.

Selon la BCE, Crédit Agricole a accusé un retard de 75 jours en 2024. Le montant de la sanction tient compte non seulement de la durée du manquement, mais aussi de la gravité constatée et du chiffre d’affaires journalier de l’établissement concerné.

Une mesure emblématique dans la supervision bancaire européenne

Cette décision s’inscrit dans un cadre de surveillance renforcé engagé depuis 2020. La Banque centrale européenne a d’abord publié un guide de bonnes pratiques, puis réalisé des tests de résistance climatique en 2022, avant de transmettre à chaque grande banque un calendrier d’exécution spécifique.

Alors que les États et les marchés accélèrent la transition vers des énergies plus propres et des normes environnementales plus exigeantes, les établissements finançant des entreprises situées en zones à risque ou lourdement investies dans les énergies fossiles s’exposent à des pertes concrètes.

Gérer le risque climatique impose ainsi désormais de scruter l’ensemble des portefeuilles sous ce nouveau prisme. Il ne s’agit plus seulement d’évaluer des prêts isolés, mais de comprendre comment le dérèglement climatique peut affecter chaque dimension de l’activité bancaire.

Quand votre épargne devient tributaire du climat

Ce constat ne concerne pas uniquement les grandes institutions. Le risque climatique touche aussi directement l’épargne des particuliers. Quel que soit le montant détenu sur un compte — qu’il s’agisse d’un projet immobilier, d’une retraite ou d’une simple réserve de précaution —, les effets du changement climatique peuvent en modifier la valeur ou la sécurité.

Les banques utilisent en effet les dépôts de leurs clients pour financer des projets immobiliers, des entreprises et des communautés entières. La solidité de votre épargne dépend donc des décisions prises par votre établissement.

Dans ce contexte, les régulateurs, de plus en plus attentifs à ces enjeux, cherchent avant tout à protéger les déposants et à rendre le système financier plus résilient. Ignorer le risque climatique n’est plus seulement imprudent, c’est désormais coûteux et immédiat.

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