L’influent responsable religieux a été libéré de manière inattendue, dans un contexte de mobilisation internationale, notamment venue des États-Unis.
Détenu depuis octobre dernier par les autorités chinoises, le pasteur Ezra Jin a été libéré et autorisé à quitter le pays pour rejoindre sa famille aux États-Unis, selon l’organisation Back to Jerusalem.
D’après Eugene Bachman, responsable de cette organisation, le religieux a été relâché avec un passeport, puis placé dans un avion sans bagages et sans connaître sa destination, avant d’atterrir à Los Angeles, en Californie, où il a depuis retrouvé ses proches.
Sa libération, intervenue le 3 juillet, coïncide avec les célébrations du 250e anniversaire de l’indépendance américaine. Un timing loin d’être anodin. L’organisation ChinaAid, engagée en faveur de la liberté religieuse en Chine, indique en effet, citant des responsables chinois, que cette décision « résultait de discussions » entre le président américain Donald Trump et son homologue Xi Jinping.
Les deux dirigeants auraient abordé le sujet lors d’un entretien à Pékin en mai dernier, ce qui n’a rien de surprenant au regard de l’ampleur prise par l’arrestation de ce fondateur de l’Église Zion.
Une répression généralisée
Fondée en 2007 à Pékin sous la forme d’un simple groupe d’étude biblique réunissant une vingtaine de fidèles, cette église a connu une croissance rapide, devenant dès 2018 une organisation structurée, avec des lieux de culte dans plusieurs villes, ainsi qu’un café et une librairie.
Les autorités chinoises, réputées restrictives en matière de pratique religieuse, avaient exigé l’installation de caméras de surveillance dans les lieux de culte afin de contrôler les déplacements des fidèles et d’identifier les participants.
Le refus du pasteur Ezra Jin de se conformer à ces exigences, parmi d’autres contraintes, a entraîné le passage de l’église dans la clandestinité. En octobre dernier, une opération coordonnée menée dans plus de 40 villes a conduit à l’arrestation de plus de 30 pasteurs et responsables du mouvement.
Un pouvoir sur la défensive
Les informations concernant les conditions de détention du pasteur restent limitées, sa famille n’ayant eu aucun contact direct avec lui. Ni appels, ni visites, ni même l’envoi de couvertures ou de médicaments prescrits ne leur étaient autorisés.
Les proches des personnes interpellées ont, pour leur part, subi diverses mesures de rétorsion : comptes bancaires gelés, enfants exclus des écoles, baux résiliés et pertes d’emploi.
Cette vague d’arrestations s’inscrit dans un durcissement amorcé en 2019, souvent présenté comme un tournant dans la politique chinoise à l’égard des églises non enregistrées. Les observateurs y voient une volonté du régime de conserver la maîtrise du récit, notamment face à des figures influentes comme Ezra Jin.
Par ailleurs, la pandémie de Covid-19 a accéléré le recours à des plateformes de culte en ligne, hébergées sur des serveurs chinois, ce qui aurait facilité, selon Back to Jerusalem, l’identification ultérieure des responsables et des fidèles par les autorités.
