Aliou Diallo : le chaînon manquant de la politique malienne

Aliou Diallo souhaitait dynamiter la vie politique malienne en se présentant à l’élection présidentielle. Pari réussi pour l’entrepreneur de 58 ans qui est parvenu à donner le tempo de la campagne autour de thématiques socio-économiques, et à souffler un vent de renouveau dans le marigot politicien. L’opposition et la majorité cherchent à l’attirer de leur côté pour préparer l’avenir et renouveler un système politique à bout de souffle.

Personne n’attendait Aliou Diallo lors du scrutin du mois de juillet. Et pourtant, en rassemblant plus de 8% des électeurs et en se positionnant en troisième position, l’homme d’affaires venu en politique pour créer un électrochoc démocratique, a fait une entrée fracassante dans la vie politique malienne.

La raison de ce succès ? Une promesse de renouvellement qu’il incarnait. Self made man venu de nulle part pour bâtir l’une des entreprises les plus dynamiques du Mali, il avait pour lui de ne pas être issu du sérail politique dont les Maliens ne veulent plus entendre parler. Surtout, son savoir-faire d’entrepreneur et de bâtisseur tranchait avec les échecs répétés des dirigeants du pays, incapables de comprendre les fondements de la croissance économique et d’en activer les leviers.

C’est donc fort de cette crédibilité qu’Aliou Diallo a battu campagne. Une campagne de terrain très concrète et alignée sur les messages de désespoir entendus lors de ses rencontres avec des Maliens lambda. Loin des messages ésotériques et déconnectés de la majorité des candidats, il a fait des promesses simples, concrètes et chiffrées pour améliorer le quotidien des populations, notamment les plus pauvres.

Accès à l’eau et à l’électricité pour tous. Construction de salles de classe, d’hôpitaux et de centres de santé. Programme de relance et d’emplois par la construction d’infrastructures, notamment dans les zones enclavées du Nord et du Centre, où la pauvreté fait le lit des groupes terroristes. Un programme ambitieux chiffré par le candidat à plus de 15’000 milliards de francs CFA par le candidat afin de relancer durablement l’économie malienne.

Le vent d’espoir soulevé par Aliou Diallo n’est pas passé inaperçu dans les états-majors des principaux partis politiques du pays. L’ensemble des chefs de l’opposition tentent de le séduire et d’opérer un rapprochement avec son parti, ADP-Maliba, en vue des législatives du mois d’octobre. Dans le même temps, le président IBK lui fait les yeux doux pour que sa formation intègre le gouvernement d’union nationale qui doit voir le jour après les prochaines élections.

Pour tous, Aliou Diallo, fort de son capital électoral et plus encore en raison de la puissance de ses messages politiques, est le chaînon manquant pour construire un message politique cohérent et populaire dans les années à venir.

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