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Chauffage des serres : Le comité national de l’agriculture biologique se prononce ce jeudi

Au potager de Kervoigen, Lannion, France

 

Le comité national de l’agriculture biologique se prononce ce jeudi sur le chauffage des serres. Ces dernières sont utilisées par certains agriculteurs et producteurs pour des fruits et légumes qui à l’état naturel ne poussent que l’été.

« Nous ne sommes pas opposés au chauffage des serres, mais nous sommes très opposés à la contre-saisonnalité »

Mardi, le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume avait déclaré que le gouvernement n’est « pas opposé » au chauffage des serres en agriculture bio, mais qu’il rejetait la contre-saisonnalité. « Nous ne sommes pas opposés au chauffage des serres, nous sommes contre la sur-transposition [des directives européennes], mais nous sommes, et je suis, très opposé à la contre-saisonnalité des fruits et légumes », a-t-il dit.  « Le règlement européen prévoit que la production biologique doit respecter les cycles naturels et faire une utilisation responsable de l’énergie », a ajouté le ministre de l’agriculture. Le 18 juin dernier, en conclusion du séminaire international sur l’agriculture biologique, organisé à Paris, il avait été plus catégorique : « Je ne suis pas favorable au chauffage des serres, parce qu’il faut respecter les rythmes biologiques (…) J’ai donné ma position personnelle qui est très claire ». Il a donc modéré ses propos pour concorder avec la ligne gouvernementale. Didier Guillaume a aussi insisté sur la nécessité de « l’éducation à la saisonnalité et au goût » qui est « absolument indispensable ».

Il faut que les consommateurs changent d’habitude

De son côté, la secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Ecologie, interrogée lundi sur Europe 1, a estimé que les consommateurs devraient renoncer d’eux-mêmes à la contre-saisonnalité et se tourner vers des productions de saison, plus respectueuses de l’environnement. Comme Didier Guillaume, Brune Poirson « pense qu’il faut que nos comportements changent et qu’il faut manger des légumes de saison ». Elle prévient également les consommateurs contre le risque de manger n’importe quoi à force de vouloir des produits tout au long de l’année. « Mais il y en a qui demandent encore des tomates toute l’année. Ces tomates-là pourraient être importées de très loin dans le monde. Est-ce que l’impact en termes d’émissions de CO2 ne serait pas plus élevé que celui des tomates qui poussent en France, sous serre ?, interroge-t-elle. Tout en indiquant que « la question doit être traitée à la source », Brune Poirson insiste sur le fait qu’« Il faut que l’on change nos habitudes, et que l’on arrête de vouloir manger des kiwi, des avocats, des ananas toute l’année, partout, tout le temps ».

Soulignons que les acteurs historiques de l’agriculture bio sont opposés à la volonté de certains producteurs de fruits et légumes « d’industrialiser » la filière en chauffant les cultures sous serre, alors que ces derniers mettent en avant la demande toujours plus forte du consommateur.

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