La formation professionnelle au cœur des enjeux

Alors que le gouvernement s’apprête à lancer en grande pompe de nouvelles négociations entre les partenaires sociaux sur la question de l’indemnisation du chômage, la question de la formation devrait également être abordée… Car si l’inversion de la courbe du chômage reste la première priorité du gouvernement, l’emploi passe par une meilleure formation. Cependant, une difficulté subsiste : quelle place donner aux syndicats et surtout comment améliorer le système de l’Association pour la Formation Professionnelle pour Adultes ?

 

D’un système paritaire à l’entrée de l’Etat

Pendant la campagne présidentielle, le candidat Nicolas Sarkozy s’était appuyé sur l’exemple de l’AFPA pour dénoncer les interventions des corps intermédiaires. En effet la gestion paritaire de l’AFPA rendait le dispositif opaque et lesfonds alloués à la formation se dirigeaient plus facilement sur la formation des « insiders » du marché du travail plutôt que vers les chômeurs.

Dans le courant de l’hiver 2013, on a appris que cette réforme de la formation professionnelle allait tout de même avoir lieu, comme nous confiait le président de l’AFPA, Yves Barou, « il n’y a pas eu de pilote pendant longtemps: tout le monde a laissé faire et la défaillance était collective ». Objectif avoué, « redéployer 32 milliards d’euros vers les demandeurs d’emplois, les salariés, les jeunes qui ont le moins de qualifications ».

Les responsables actuels de cet organisme et les syndicalistes invitent néanmoins à éviter la simple logique d’économie et à « rompre avec l’attitude de défiance envers les chômeuses et les chômeurs ». Mais dans les critiques contre le système actuel se sont les gestionnaires et non les bénéficiaires qui sont incriminés…

Comme le rappelait ainsi l’ancien président « la collecte des fonds de la formation professionnelle est complexe et ses coûts de gestion sont trop importants (…) c’est un système qui ne fait pas assez jouer la concurrence dans le choix des prestataires de formation ».

Finalement UMP et PS partagent la vision développée par les « élites du Wellfare ». En effet, les responsables politiques considèrent que seuls des professionnels de la gestion peuvent optimiser des systèmes de coûts aussi complexes et réclament à ce titre le retour de l’Etat dans les questions de sécurité sociale…

L’apport des entreprises à la formation professionnelle

L’exercice du paritarisme est d’autant plus complexe que les corps intermédiaires français ont de plus en plus de mal à être représentatifs. Aujourd’hui le taux de syndicalisation français fait partie des plus bas d’Europe…

Qui plus est, le réseautage et le copinage au sein de ses instances font que l’on assiste souvent à des dérives financières et humaines largement condamnables. Il y a quelques années, un rapport parlementaire sur les caisses noires des syndicats avait été simplement écarté et interdit, jugé trop explosif.

Dans la presse, et dans Le Point en particulier on pouvait lire : « le rapport Perruchot dresse, entre les lignes, un rapport consternant de la vie syndicale en France. À base de combines et de faux-semblants. Où l’État participe à un jeu de rôle avec des apparatchiks syndicaux qui ne représentent pas grand-chose ».

Il y a lieu ici de dresser un parallèle avec l’éducation nationale et l’enseignement supérieure. En confiant à un petit groupe le choix des programmes et en déconnectant la formation continue des préoccupations du monde du travail, lesjeunes arrivent mal formés sur le marché de l’emploi. En quelque sorte, on pourrait dire que par dogmatisme, la formation va mal !

En partant de ce constat et sans démagogie, les collectivités territoriales s’engagent en faveur de leurs administrés dans des opérations d’un nouveau genre pour la formation professionnelle. C’est en ce sens qu’il faut comprendre laconvention signé par le Conseil Général de la Creuse et EDF.

Cette alliance entre les territoires et les entreprises est surement la seule solution pour suivre de près les attentes et les besoins du marché de l’emploi. Dans notre exemple il s’agit de créer un Master spécialisé sur les questions de domotique, un secteur en plein boom avec la rénovation énergétique et le progrès technologique…

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