Les Transitions

La politique énergétique suscite toujours un débat vigoureux et animé car il pose des questions environnementales, économiques, géopolitiques qui s’imposent concurrence directe. En France, le débat n’est pas facile à clore surtout avec les centrales nucléaires dont la durée de vie semble s’allonger …

La diminution de la consommation énergétique

La France annonce son objectif de diminuer de 50% sa consommation énergétique d’ici 2050 lors de la dernière conférence environnementale.
Même si un accord historique a été signé entre le gouvernement britannique et EDF dans l’objectif de construire deux EPR, et qu’Areva souhaite enregistrer de nouvelles commandes soulignant sa volonté de valider les choix technologiques de ces dernières années, la France compte bien diminuer cette part du nucléaire. En effet, même si le Président avait annoncé lors de la deuxième conférence environnementale de septembre 2013 « la future loi de programmation sur la transition énergétique posera le principe d’un plafonnement à son niveau actuel de notre capacité de production nucléaire », c’est-à-dire que le nucléaire resterait constant lors de son quinquennat, il semblerait que le sacrifice d’une centrale nucléaire symbolique montre l’orientation du gouvernement aujourd’hui. La fermeture de Fessenheim coûterait 1 milliards d’euros et supprimerait 2000 emplois directs et indirects.

Le lancement d’un « projet douteux » ?
Le secteur du nucléaire doit baisser de 15% en ce qui concerne la production d’électricité d’ici 2025. Mais, cela aura une conséquence sur la compétitivité et l’attractivité française pour les industriels dits « électro-intensifs » et compromettra la réduction de gaz à effet de serre.
Le projet de prolongement de la durée de vie des réacteurs retardera sans aucun doute la transition énergétique tant attendue même si les grandes entreprises comme EDF sont convaincus qu’il s’agit d’un projet rentable permettant de faire des économies et par conséquent d’engendrer une transition énergétique plus ambitieuse.
Ce paradoxe est à mettre en parallèle avec la situation allemande qui a voulu se désengager du nucléaire en donnant la priorité aux ENR. Ce plan d’action visait à utiliser davantage d’énergies renouvelables afin de diminuer les émissions de gaz à effet de serre. Mais, l’Allemagne a finalement remplacé le nucléaire par le charbon et a donc favorisé les émissions de CO2.

Une avancée vers la transition énergétique ?
Dans ce contexte, le nucléaire serait un moyen de financer lui-même les énergies qui tenteront de le remplacer dans les décennies à venir. Il permettrait de faire des économies mais aussi de garantir une compétitivité aux industries françaises.
Mais quel est donc l’intérêt écologique de la transition énergétique si elle va à l’encontre de tout principe environnemental ? La France cherche à financer la transition par le biais du nucléaire, tandis que l’Allemagne préfère abandonner les centrales pour le charbon qui accroît les émissions de CO2.
Avant de commencer les plans d’actions de la transition énergétique, il faudrait peut-être d’abord finir de déterminer le concept.

 

 

 

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