Grok inonde le web de deepfakes explicites

Grok inonde le web de deepfakes explicites

8 janvier 2026 0 Par La rédaction

Le chatbot conversationnel d’Elon Musk est sous le feu des critiques pour avoir été utilisé afin de dénuder les personnes, y compris des mineurs.

« Grok met-la en bikini ». Depuis plusieurs jours, des internautes se sont pris d’engouement pour l’agent conversationnel conçu par xAI, l’entreprise de l’homme d’affaires américain Elon Musk.

Il suffit désormais de poster cette commande sous la photo d’un utilisateur sur X — l’autre plateforme détenue par Musk — pour que Grok produise une image explicite à partir du cliché original, ou place le sujet dans des poses suggestives.

Selon CNN, l’affaire a éclaté fin décembre, avant de prendre une ampleur considérable. Entre le 25 décembre 2025 et le 1er janvier 2026, plus de la moitié des images créées par le chatbot étaient à caractère sexuel et non consensuel, ciblant majoritairement des femmes, d’après l’ONG européenne AI Forensics, qui a étudié plus de 20 000 images et 50 000 requêtes d’utilisateurs.

Plus inquiétant encore : environ 2 % de ces contenus représentaient des personnes semblant avoir moins de 18 ans. Les chercheurs affirment avoir identifié des requêtes demandant de mettre en scène des adolescents dans des poses érotiques ou d’ajouter des éléments sexuels explicites à leur image, des demandes que Grok aurait parfois satisfaites.

Mobilisation mondiale des régulateurs

À en croire CNN, cette explosion de contenus choquants coïncide avec la mise à jour récente des capacités visuelles de Grok, qui a déployé le mois dernier un nouveau modèle baptisé “Grok Imagine”.

Cet outil permet notamment de transformer des photos en vidéos, une fonctionnalité massivement détournée. Pourtant, la politique d’utilisation de xAI interdit formellement toute sexualisation d’enfants, ainsi que la création de représentations pornographiques de personnes réelles, même issues de synthèse.

Plus globalement, le “Take It Down Act”, loi signée l’année dernière sous l’administration Trump et conçue précisément pour protéger les victimes d’images explicites non consensuelles, incluant les deepfakes, pourrait s’appliquer directement à ce type de situation.

La situation a déclenché une réaction en chaîne des régulateurs. Au Royaume-Uni, Ofcom, le régulateur des communications, a annoncé avoir pris « un contact urgent » avec X et xAI afin d’évaluer d’éventuels manquements nécessitant une enquête.

Musk, champion de la « liberté d’expression », sous pression

Au Brésil, un député fédéral a réclamé la suspension de Grok, estimant que la gravité du phénomène justifie des mesures drastiques pour protéger les citoyens.

Face à la polémique, Grok a reconnu des “failles de sécurité”, tout en rappelant que les contenus d’abus sexuels impliquant des mineurs (CSAM) constituent une infraction pénale. Malgré cela, la génération d’images litigieuses se poursuit.

Devant le tollé, Elon Musk dénonce une tentative de censure. L’entrepreneur, qui se présente depuis des années comme un opposant aux modèles jugés trop « woke », se serait récemment, selon CNN, montré « furieux » que les ingénieurs de xAI aient restreint les capacités de Grok Imagine, estimant que le générateur d’images et de vidéos est désormais « trop limité ».