France : la crise Barbut définitivement close ?
23 juillet 2026 0 Par La rédactionLa ministre de la Transition écologique fait finalement volte-face après avoir annoncé sa démission avec fracas, en désaccord avec l’adoption par le Parlement de la loi d’urgence agricole, évoquant des garanties obtenues auprès du président Emmanuel Macron. Suffisant pour compenser les renoncements écologiques du quinquennat ?
« Je resterai tant que j’ai la garantie de pouvoir agir ». C’est ainsi que la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a justifié mercredi, selon des propos rapportés par Franceinfo, son revirement en l’espace de quelques heures.
Un peu plus tôt dans la matinée, elle annonçait en effet, dans une publication sur LinkedIn, son intention de remettre sa démission au président de la République « aujourd’hui », au lendemain de l’adoption définitive par l’Assemblée nationale du projet de loi d’urgence agricole.
Le texte voté par le Parlement ouvre la voie à la réintroduction, sous conditions, de deux pesticides interdits en France, mais autorisés ailleurs dans l’Union européenne, l’acétamipride et le flupyradifurone, pour certaines filières agricoles en difficulté, comme la noisette et la betterave.
« Le recul environnemental de trop »
Un an après la mobilisation citoyenne massive contre la loi Duplomb, censurée entre-temps par le Conseil constitutionnel, ce retour des néonicotinoïdes par une nouvelle voie législative a été vécu par l’ancienne présidente du WWF France comme, selon ses propres mots, « le recul environnemental de trop ».
« Contrairement aux engagements qui m’avaient été donnés, le gouvernement a empêché le débat autour de la suppression de cette mesure, pourtant souhaitée également par les députés », avait écrit Monique Barbut.
Face à la menace d’un départ à forte portée symbolique, l’Élysée a rapidement réagi. La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a confirmé que le président de la République refusait la démission de la ministre.
Cette décision serait assortie d’un accord sur ce que l’entourage ministériel présente comme trois piliers fondamentaux de son action : la question des forêts, celle de l’eau et celle de la santé environnementale.
Une crise qui dépasse la ministre de l’Écologie
Ces trois chantiers, ainsi que l’urgence plus large de la lutte contre le changement climatique, dans un contexte de canicule en Europe, auraient convaincu Monique Barbut de poursuivre sa mission.
« Le président de la République m’a assurée de son soutien et nous allons nous revoir de façon très régulière avec le Premier ministre pour suivre l’avancée de tous ces dossiers », a-t-elle indiqué dans un entretien accordé aux Échos, mercredi soir, tout en maintenant son désaccord total avec la mesure sur les pesticides.
Le compromis relève donc davantage d’une trêve politique que d’une véritable réconciliation sur le dossier écologique lui-même. En refusant cette démission, Emmanuel Macron évite que l’ancienne haute fonctionnaire onusienne, qui a dirigé la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification avant de rejoindre le gouvernement, ne transforme son départ en symbole des renoncements environnementaux de l’exécutif. L’épisode alimente un peu plus les critiques contre une majorité régulièrement accusée de reculer sur l’écologie.

