Algérie : Les manifestations contre Bouteflika encore plus importantes ce vendredi

Manifestation au centre d'Alger

En Algérie, ce vendredi, d’importants rassemblements sont organisés pour demander le départ du président Abdelaziz Bouteflika. Elles ont lieu dans la plus part des grandes villes du pays dont Alger, Bejaïa, Constantine et Tizi Ouzou. Et pour la première fois, depuis le début du mouvement, la télévision nationale a décidé de retransmettre en direct les manifestations. Un nouveau coup dur pour le régime en place.

Malgré les défections autour de Bouteflika, la mobilisation ne faiblit pas

Ce vendredi 29 mars, les Algériens sont à nouveau dans la rue afin de réclamer la démission du président Abdelaziz Bouteflika. Comme le montrent plusieurs photos publiées sur internet, le centre d’Alger est noir de monde depuis ce matin. Et malgré le soleil de plus en plus cuisant, on n’est pas prêt de desserrer les rangs. Pour désaltérer les protestataires, des personnes généreuses ont disposé des packs d’eau tout autour de la place. Tout se déroule donc parfaitement et dans une bonne ambiance. Outre la capitale, d’autres rassemblements ont lieu dans les principales villes du pays que sont Constantine, Bejaïa et Tizi Ouzou. Dans cette dernière ville, place forte de la contestation, une manifestation se tient devant l’université locale. A Lakhdaria, l’on signale également un mouvement de foule, canalisé par la gendarmerie nationale.

La télévision nationale lâche à son tour Bouteflika

Les observateurs notent que la mobilisation de ce jour est plus importante que les précédentes. Elle jouit même d’une plus large couverture médiatique puisque la télévision nationale est sur les lieux. Pour la première fois depuis le début de la contestation, elle se déploie sur le terrain pour diffuser en direct les manifestations. La décision a été prise par le nouveau président de la chaîne publique, Lofti Chriet. Il a remplacé Tewfik Khelladi, limogé le lundi 25 mars, à la veille de l’annonce fracassante du Général Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major des armées algériennes. Le haut gradé et pièce maîtresse du régime depuis au moins 15 ans, avait suggéré au Conseil Constitutionnel la destitution du président. Pour cela, il a invoqué l’article 102 de la Constitution. Le départ de Bouteflika devrait déboucher sur une brève transition et l’organisation de l’élection présidentielle.

« Bouteflika emmène avec toi Gaïd Salah »

Bien que l’annonce du Gal Ahmed Gaïd Salah soit salutaire, elle n’inspire pas la confiance de la rue. Celle-ci se méfie d’une armée connue pour être proche du régime. Jusqu’à présent elle était restée muette et voilà qu’elle se racle la gorge. L’on ne s’étonne donc pas d’entendre les manifestants crier ce vendredi à Alger « Bouteflika tu vas partir, emmène avec toi Gaïd Salah ». Ils soupçonnent les militaires de vouloir s’emparer du pouvoir au nom de la stabilité du pays. Ou de continuer à faire vivre le système actuel à travers un avatar au portrait soigneusement brossé…

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