Les produits phytosanitaires sont-ils dangereux ?

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Sénat, pesticides, produits phytosanitaires, agriculture, perturbateurs endocriniensLe groupe de travail au Sénat a rendu au cours du mois d’Octobre un rapport d’information intitulé Pesticides : vers le risque zéro. Quels enseignements peut-on en dégager vis-à-vis de la situation française, quatrième consommateur mondial de produits phytosanitaires ?

Si notre pays représente près de 30% de la consommation européenne, cela ne s’explique pas uniquement par les très nombreuses terres arables de notre territoire mais aussi du fait du poids historique de ces produits dans le processus d’indépendance alimentaire et d’auto-suffisance au sortir de la seconde guerre mondiale. Face à l’importance de l’usage de ces substances, les autorités ont décidé de réagir, notamment en 2008 avec le grenelle de l’environnement à travers le plan gouvernemental Ecophyto qui fixait alors pour objectif une réduction de 50% de l’emploie des pesticides d’ici à 2018. Au-delà de cette déclaration d’intention, on observe que le chiffre des ventes a augmenté de 2,6% entre 2008 et 2011, avec tout de même une diminution des substances les plus dangereuses… Ce constat d’un semi échec est peut-être dû au découpage des portefeuilles ministériels ; en effet, cette hypothèse semble crédible lorsqu’on sait que le ministère de l’écologie ne s’intéresse qu’à 7,8% des utilisateurs.

Le rapport énumère quelques  recommandations qui pourraient être « mises en œuvre rapidement », selon les dires de la sénatrice Sophie Primas (UMP-Yvelines), présidente de la mission. Parmi elles, la mutualisation des données épidémiologiques ou la mise en place de registres d’exposition aux pesticides. Par ailleurs les produits phytosanitaires devraient être interdits à la vente aux particuliers  et leur utilisation par les collectivités territoriales sera proscrite. Dans un même temps, les parlementaires envisagent de renforcer le contrôle des nouvelles substances, en intégrant les perturbateurs endocriniens dans leurs critères de dangerosité. Enfin, la question des conflits d’intérêt a été partiellement évoquée, mettant en lumière la dualité des missions des coopératives agricoles ainsi que les liens ambigus qu’entretiennent certains experts avec les autorités et l’industrie agrochimique. Tout cela au détriment de la qualité de notre agriculture : aujourd’hui seulement 3,5% des surfaces agricoles sont engagées dans des systèmes biologiques contre 17,2% en Autriche, 8,6% en Italie et 5,9% en Allemagne.

Mathieu Ravignan

En savoir plus :

  • Les raisons de l’addiction française aux pesticides, LeMonde.fr
  • Pesticides: les sénateurs dénoncent les risques pour les utilisateurs, AFP.fr

Crédit photo : ©@ndres1

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