Prospection minière dans l’espace : le futur déjà en marche

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espace,ressources,minerais,exploration,asteroïdeCe mardi 22 janvier 2013, Deep Space Industries, une toute nouvelle startup américaine, a dévoilé lors d’une conférence organisée au Santa Monica Museum of Flying (Californie) retransmise en direct sur internet  via le site Spacevidcast.com son projet en trois étapes pour mettre en place une exploration et une exploitation automatisée des astéroïdes géo-croiseurs.

On pourrait croire cette idée sortie d’un film ou d’un roman de science-fiction, et pourtant c’est fort sérieusement que le PDG de Deep Space Industries, David Gump, a annoncé son projet fou d’exploiter dans un avenir très proche les ressources contenues dans les astéroïdes de la proche banlieue terrestre. Cette exploitation se ferait en trois étapes. Tout d’abord, des sondes automatisées de 25 kilogrammes, baptisées « Fireflies » (lucioles) et faisant aux dires de l’entreprise environ la taille d’un ordinateur portable, devraient être lancées pour des missions de deux à six mois afin de d’évaluer le potentiel des cibles repérées et de déterminer lesquelles sont réellement prometteuses pour une exploitation à proprement parler. Ces sondes seraient bâties à partir de composant pour satellites miniaturisés et lancé conjointement avec de plus gros satellites, comme des satellites de télécommunication, pour réduire les coûts et permettre une mise en œuvre rapide.

La seconde étape impliquerait de plus grosses sondes, pesant jusqu’à 32 kilos et baptisées «DragonFlies» («libellules») pour des voyages de deux à quatre ans. Elles devraient être déployées à partir de 2016, avec pour objectif de se rendre sur des astéroïdes et d’en rapporter sur Terre des échantillons pouvant aller de 27 à 68 kilos. Enfin, Deep Space Industries prévoit de pouvoir, d’ici à dix ans, exploiter les ressources des astéroïdes, principalement métaux et autres minéraux, afin de pouvoir bâtir directement dans l’Espace des plates-formes de communication ou encore des centrales d’énergie solaire, en orbite autour de la Terre et servant à l’alimenter. Pour ce faire, un technologie proche de l’impression 3D serait utilisé. Baptisé « fonderie en microgravité », il permettrait de construire les éléments de structures voulus à partir d’un gaz chargé en particules de nickel, selon un procédé développé par Stephen Covey, l’un des co-fondateurs de la société.

Et c’est bien là que se situe tout l’enjeu d’une telle aventure. Comme l’exprime David Gump dans son communiqué, « Utiliser les ressources se trouvant dans l’espace est la seule façon de pouvoir assurer un développement spatial durable ». Deep Space Industries n’est cependant pas la première à se lancer dans l’aventure minière spatiale. En avril dernier, une autre firme américaine basée à Seattle, Planetary Resources, soutenue entre autres personnes par le PDG de Google, Larry Page, le président du CA de Google, Eric Schmidt, et le réalisateur américain James Cameron, annonçait déjà sa volonté d’extraire des minerais d’or et de platine des astéroïdes d’ici à dix ans, notamment à partir de terres rares. La compétition pour l’exploitation des ressources de l’Espace a donc commencé, et elle sera sans doute terrible.

 

Xavier Giroult

Crédit photo : © Kanijoman

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