Santé : Un débat sans vote ce mercredi au sénat sur le cannabis thérapeutique

des boulettes de cannabis dans des bocaux

 

Un débat sans vote a lieu ce mercredi au Senat alors que de nombreux patients, victimes de douleurs chroniques, attendent l’avis du comité d’experts chargé de se pencher sur le cannabis thérapeutique. Mardi, la sénatrice Esther Benbassa, qui a introduit ce débat dans l’Hémicycle, a animé un point de presse à ce sujet en présence de scientifiques et représentants associatifs.

« C’est un enjeu de santé publique »

Ce mercredi, un débat sans vote sur le cannabis thérapeutique a lieu au sénat à l’initiative de la sénatrice Esther Benbassa, qui a tenu un point de presse mardi, en prélude à la séance de ce jour. Devant les scientifiques et les représentants associatifs, elle a rappelé que la légalisation de ce traitement « pourrait concerner entre 300 000 et un million de patients en France ». L’élue écologiste a regretté que « cette filière pharmaceutique [soit] extrêmement sous-développée, ce qui pousse les malades à avoir recours à des produits de mauvaise qualité issus du marché noir, ou à se tourner vers l’automédication par l’autoculture, encourant le risque de sanctions pénales ».

Or le cannabis est essentiel dans l’atténuation de certaines douleurs, dont la médecine conventionnelle ne peut venir à bout. Ne supportant plus la souffrance, certains malades se seraient même suicidés, selon Mado Gilanton, porte-parole d’Espoir Imminent et présidente d’Apaiser S&C. Martyrisée elle-même par une lésion de la moelle épinière, elle dit avoir été sauvée par l’utilisation du cannabis. « Le cannabis m’a permis de reprendre une vie sociale » a-t-elle confié à la sénatrice Esther Benbassa. Pour l’élue EELV, ce genre de témoignage montre à quel point « le cannabis thérapeutique, [est] un enjeu majeur de santé publique ».

Il y a tout de même de l’espoir pour les patients

S’il y a urgence, il faut souligner que la situation n’est pas si désespérée que cela, car les lignes bougent au niveau de l’hémicycle et de l’exécutif. En effet, il y a un peu plus d’un an, la ministre de la Santé Agnès Buzyn avait ouvert la voie au cannabis thérapeutique. Dans la foulée, Alain Milon, président LR de la commission des affaires sociales, a estimé qu’il n’y avait « aucune raison de s’opposer à un progrès thérapeutique dès lors que l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et la Haute autorité de Santé donnent leur accord ». « Mais les problèmes tournent toujours autour des questions de dosage et de prescription » a-t-il ajouté.

De son côté, l’Agence du médicament, en charge des auditions menées depuis janvier, avait dressé en décembre 2018 une liste de pathologies qui pourraient bénéficier de l’expérimentation du cannabis thérapeutique. Ce sont : les douleurs non soulagées par d’autres thérapies, les épilepsies résistantes aux traitements, les effets secondaires des chimiothérapies, les soins palliatifs ou les  contractions musculaires liées à la sclérose en plaques.

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