Antarctique : les barrières de glace sont beaucoup plus fragiles

Antarctique : les barrières de glace sont beaucoup plus fragiles

9 septembre 2020 0 Par La Rédaction

Avec le mélange d’images satellites et de l’IA, une analyse a mis en avant la fragilité de près de la moitié des grandes barrières de glace, qui ont pour rôle de soutenir les glaciers de l’Antarctique. Le réchauffement de l’atmosphère est une véritable menace pour ces plateformes de glace, véritables prolongations en mer d’un glacier terrestre. En effet, ces merveilles de glace risquent tout simplement l’effondrement.

Les barrières de glace se fissurent

Se basant sur des systèmes d’IA afin d’étudier des relevés satellitaires, les experts ont conçu une carte des crevasses traversant ces barrières de glace. Il faut savoir que ces dernières sont de véritables piliers permettant une stabilité optimale de la calotte glaciaire présente sur de la terre.

Les scientifiques sont parvenus à définir la fragilité de ces crevasses grâce à la donnée que représente le remplissage par l’eau de la fonte des glaces en amont. Ainsi, ces experts concluent qu’environ soixante pourcents des barrières peuvent se fissurer. Effectivement, l’eau est à volume égal plus dense et par conséquent plus lourde que la glace et produit sur elle des pressions continues et fortes.

Néanmoins, si une barrière de glace tombe, les glaciers retenues par cette dernière peuvent s’effondrer et s’écouler dans l’océan, engendrant ainsi une montée du niveau de la mer. Or, il faut relativiser car beaucoup de barrières sont stables et gelées la totalité de l’année. Toutefois, ce type de phénomènes est de plus en plus observé. Ainsi, il y a une vingtaine d’années, des morceaux géants de la barrière de Larsen, située à la pointe de la péninsule antarctique, se sont littéralement désintégrés en seulement quelques semaines.

La fragilisation des plateformes de soutien à cause du réchauffement de la planète

Les auteurs de l’étude ont dévoilé des prévisions sur la fonte des glaces en Antarctique. Elles mettent en avant le fait que l’entassement d’eaux provenant de ce phénomène pourrait s’étendre à énormément de zones vulnérables, à cause de la situation de réchauffement climatique dans laquelle nous sommes. Les experts ciblent notamment les glaciers de l’île du Pin et de Thwaites, situés dans l’ouest de l’Antarctique, d’une superficie totale plus conséquente que celle d’un pays comme par exemple l’Allemagne.

Le réchauffement de la température océanique contribue aussi à rendre plus fragile, par en dessous, les grandes barrières de glace. Un célèbre glaciologue américain a affirmé que les barrières représentent un véritable point faible, car c’est là où se rencontrent l’atmosphère, la glace ainsi que l’océan. Si de l’eau de fonte les remplissent, les choses peuvent aller extrêmement rapidement et il pourrait y avoir des conséquences majeures par rapport au niveau de la mer.

Des milliards de tonnes de glace perdues

Une équipe d’experts britanniques a estimé dans une étude en pré-publication à l’heure actuelle (pas encore validée par d’autres spécialistes), que la planète a perdu près de 28 000 milliards de tonnes (gigatonnes) de glace en 24 ans, ce qui correspond à moins de 0,1 % de la totalité des glaces. Or, cela est assez afin de faire grimper le niveau des mers d’une hauteur de 35 mm.

Selon les experts climat de l’Organisation des Nations unies, le niveau des mers a déjà augmenté de quinze centimètres au 20ème siècle. Ainsi, d’ici trente ans, environ un milliard d’individus résideront sur des côtes très vulnérables aux inondations ou aux événements météorologiques difficiles.