Kazakhstan : la pluie artificielle contre la sécheresse
15 août 2026Le plus grand pays enclavé du monde fait de l’ensemencement des nuages un atout face à la rareté des précipitations, phénomène préjudiciable notamment aux cultures.
Un avion qui tire sur les nuages pour déclencher la pluie. Déjà expérimentée ailleurs, cette technique est désormais adoptée par le Kazakhstan, pays en proie à de fortes sécheresses, amplifiées par le réchauffement climatique.
L’année dernière, la région du Turkestan a ainsi connu une période de huit mois sans la moindre averse, d’après Kazbek Bedebaïev, responsable agricole, cité par l’AFP. Le phénomène touche globalement l’ensemble des pays dits « Stans », regroupant, outre le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan, le Turkménistan et le Kirghizistan.
Conséquence de cette situation qui empire chaque année : les récoltes deviennent moins viables et les agriculteurs ne savent plus à quel saint se vouer. D’où le recours à l’ensemencement des nuages, que le pays est le premier d’Asie centrale à mettre en œuvre.
Pour ce faire, l’État a conclu, le 17 mai dernier, un partenariat avec le Centre national de météorologie des Émirats arabes unis, notamment chargé de fournir la technologie.
Une manœuvre délicate
Dans la pratique, la méthode se déploie de deux façons : soit avec des fusées tirées depuis le sol afin de répandre des minéraux – le chlorure de sodium (NaCl), le chlorure de potassium, ou encore l’iodure d’argent – sur les nuages ; soit avec un avion, pour les pulvériser en altitude.
C’est cette seconde option que retiennent les autorités kazakhes. Sont ciblés les nuages cirrus, généralement situés entre 5 000 et 13 000 mètres d’altitude. L’appareil doit s’en « approcher au plus près, repérer les courants ascendants et commencer l’ensemencement », explique le pilote Aljaberi, interrogé par l’AFP.
Ces formations nuageuses se refroidissent alors, captent la vapeur d’eau environnante et gagnent en volume selon le degré d’humidité, jusqu’à se transformer en stratus, puis en nimbostratus ou en cumulonimbus, générateurs de précipitations.
… et aux effets limités
Le Kazakhstan mise sur des retombées économiques de l’ordre de 35 milliards de tenge par an (environ 65 millions d’euros) dans le secteur agricole, en cas d’enrayement de la sécheresse. Les autorités espèrent un reverdissement des terres, en particulier celles du Turkestan, région réputée pour sa culture du coton.
Mais le succès de l’opération n’est pas garanti. Selon l’AFP, les scientifiques tablent en effet sur un taux de réussite de 15 à 20% seulement, car tout dépend des conditions atmosphériques, notamment de vents favorables. Cet aléa dissuade pour l’heure de nombreux pays d’envisager cette méthode, pourtant très bénéfique pour le climat et, à en croire l’Organisation météorologique mondiale relayée par La Dépêche du Midi, sans danger pour la santé.
New Delhi, tristement connue pour son air suffocant, l’un des plus toxiques du monde, a ainsi récemment abandonné le projet après l’avoir un temps envisagé, faute de garanties suffisantes.

