Un tiers de l’électricité mondiale sans fossiles
22 avril 2026Pour la première fois, les énergies renouvelables ont produit davantage d’électricité dans le monde que le charbon sur une année, d’après une étude fraîchement dévoilée.
L’année 2025 aura été pro-climat sur le plan de la consommation énergétique mondiale. Selon le septième rapport du think tank Ember, publié le 21 avril, la part d’énergies propres utilisée pour produire l’électricité a dépassé pour la première fois de l’histoire celle des énergies fossiles, principalement le charbon.
L’organisation britannique indique que la transition énergétique est non seulement engagée, mais qu’elle s’accélère à l’échelle planétaire. La demande mondiale d’électricité a certes continué de croître en 2025, mais à un rythme contenu de 2,8%.
Et cette croissance a été absorbée à 99 % par les seules énergies renouvelables. À 75 % grâce au photovoltaïque, le reste par l’éolien. Dans le même temps, les énergies fossiles ont reculé de 0,2 %, ajoute Ember.
Il s’agit d’un basculement significatif que l’on aurait pu attribuer à l’urgence climatique ou à une volonté politique assumée. Mais, une fois encore, ce sont surtout les logiques économiques et financières qui en sont le baromètre.
Le solaire, moteur de la croissance
Comme l’a rappelé récemment Fatih Birol, directeur de l’Agence internationale de l’énergie, si 75% de toutes les nouvelles centrales électriques construites dans le monde en 2025 sont solaires, c’est tout simplement parce que cette option est devenue la moins coûteuse.
« Il y a dix ans, l’énergie solaire, c’était un rêve romantique. Aujourd’hui, c’est quelque chose qui tient la route sur le plan économique », a-t-il déclaré, soulignant que le prix des panneaux a chuté d’environ 90% entre 2015 et 2024.
Symboles de cette nouvelle donne, la Chine et l’Inde – respectivement premier et troisième producteurs mondiaux d’électricité à partir des combustibles fossiles – ont enregistré en 2025 les plus fortes baisses de production électrique à base de charbon, une première de cette ampleur pour ces deux pays.
Des gouvernements contraints par la réalité géopolitique
Le conflit en cours dans le détroit d’Ormuz introduit toutefois une variable de court terme potentiellement déstabilisatrice. La Chine, qui importe massivement pétrole et gaz depuis le Golfe, pourrait être tentée de compenser d’éventuelles ruptures d’approvisionnement en recourant davantage à ses vastes réserves nationales de charbon, dont elle reste la première productrice mondiale.
Si les analystes d’Ember n’écartent pas ce scénario, ils insistent sur une tendance de fond jugée irréversiblement favorable aux énergies propres. Le gouvernement britannique a ainsi récemment annoncé une réforme structurelle pour découpler les prix de l’électricité des fluctuations du marché gazier mondial, en misant sur un déploiement massif de capacités renouvelables sur des terrains appartenant à l’État.
Même aux États-Unis, où Donald Trump a fait de son hostilité aux éoliennes et aux panneaux solaires un marqueur politique, la réalité économique s’impose. À tel point que le Texas — emblème historique de l’industrie pétrolière américaine — est aujourd’hui le premier État producteur d’énergie renouvelable du pays, selon France 24.

