Santé : L’ANSM a donné son autorisation pour l’expérimentation du cannabis thérapeutique

Du cannabis en boulettes dans des bocaux

 

L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a donné son autorisation pour l’expérimentation du cannabis thérapeutique en France. Ce test « en situation réelle » ne concernera que les patients en « impasse thérapeutique ».

C’est un travail « remarquablement conduit »

L’Agence du médicament (ANSM) a donné jeudi 11 juillet 2019 son feu vert l’expérimentation du cannabis thérapeutique en France, après avis des experts du Comité Scientifique Spécialisé Temporaire (CSST). Cette structure avait été créée en septembre 2018 pour évaluer la pertinence et la faisabilité de l’utilisation thérapeutique du cannabis. « Le cadre global qu’ils posent est un cadre à partir duquel on peut travailler, leurs propositions nous paraissent des bonnes propositions », a déclaré Dominique Martin, directeur général de l’Agence nationale du médicament. Il a aussi salué un travail « remarquablement conduit », par un comité qui a « pris le temps nécessaire d’écouter les uns et les autres ».

Pas question de « joint sur ordonnance »

Lors de cette expérimentation, la prescription de produits à base de cannabis sera encadrée et limitée aux patients en « impasse thérapeutique ». Dans cette catégorie sont logées les personnes souffrant de certaines formes d’épilepsies résistantes aux traitements, de douleurs neuropathiques (résultant de lésions nerveuses) non soulagées par d’autres thérapies, d’effets secondaires des chimiothérapies. Le traitement sera également prescrit pour les soins palliatifs et les contractions musculaires incontrôlées de la sclérose en plaques ou d’autres pathologies du système nerveux central.

Toutefois, il n’est pas question de « joint sur ordonnance » : les produits prescrits seront uniquement inhalés (huile, fleurs séchées) ou ingérées (solutions buvables, gouttes et capsules d’huile).

Le cannabis prescrit par des médecins volontaires

Le comité de 13 spécialistes, présidé par le psychiatre et pharmacologue Nicolas Authier, a en outre recommandé de réserver la « prescription initiale » de produits à base de cannabis aux médecins exerçant dans des centres de référence (centres anti-douleur, centres experts de la sclérose en plaques, etc.). Les médecins participant à l’expérimentation seront volontaires et suivront obligatoirement une formation en ligne, dont les modalités restent à déterminer.

Il faut noter que si des prescriptions pourront être faites quel que soit l’âge des patients ou des patientes, ces dernières feront quand même face à des contre-indications en cas de grossesse ou si elles sont sous traitement contraceptif.

Les premiers patients en 2020

Après le feu vert de l’ANSM s’ouvre maintenant une période de mise en œuvre pratique avant l’inclusion des premiers patients, qui devrait intervenir début 2020. Il faudra notamment apporter avant cette date des modifications au code de la Santé publique qui réglemente le marché des substances stupéfiantes.

Le ministère de la Santé devra également déterminer l’enveloppe budgétaire allouée à l’expérimentation. C’est un point essentiel pour évaluer sa qualité et le nombre de malades qui pourront y participer.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.