Terribles inondations au Brésil : quelles en sont les causes ?

Terribles inondations au Brésil : quelles en sont les causes ?

10 juin 2022 0 Par Guillaume

Des terribles inondations et des glissements de terrain majeurs ont engendré la mort d’une centaine d’individus dans le nord-est du Brésil. La raison de ce phénomène ? Ce qu’on appelle les ondes d’est. Il s’agit de pluies diluviennes venant du continent africain.

Inondations au Brésil : qu’est-il exactement arrivé ?

Tous les ans, de multiples catastrophes naturelles détruisent les pays du Sud. Avec un manque de moyens criant, la gestion de ces crises est malheureusement extrêmement compliquée. Sébastien Hardy, géographe expérimenté de l’IRD aborde les options possibles afin de régler le souci.

À la suite d’une série de mois de sécheresse, le nord-est du Brésil a fait face à des dégradations très pluvieuses ayant déjà engendré de nombreuses inondations ces dernières semaines. Même si le danger de précipitations diluviennes et de glissements de terrain avait bien été anticipé par le service météorologique du Brésil, la catastrophe a bel et bien eu lieu dans la zone de Recife : à la suite des intempéries, les sols étaient remplis d’eau et ne pouvaient plus recevoir de nouvelles pluies. Or, les récentes précipitations ont été extrêmement puissantes, et cela en seulement quelques heures. En effet, plus de 236 millimètres de précipitations sont tombées sur l’État du Pernambouc, ce qui correspond à trois semaines de pluie en une nuit uniquement.

Ce phénomène est nommé ondes d’est. Il s’agit de pluies orageuses engendrées par une dépression tropicale qui va d’est en ouest. Ces dernières viennent du continent africain et sont amenées par les alizés. À cette période de l’année, ces pluies sont tout à fait normales. Les mois de mai, juin et juillet sont, annuellement, les plus pluvieux dans le pays. Or, les taux de précipitation ont explosé la norme.

Le réchauffement climatique est-il en cause ?

La température extrêmement élevée de l’océan (provoquée par le réchauffement actuel) est une des causes de l’ampleur du phénomène. En effet, plus les eaux sont chaudes, plus les dépressions engrangent de l’énergie et plus les précipitations sont conséquentes. Autre cause de cette catastrophe : les conceptions anarchiques (surtout des bidonvilles) sur des zones instables où la région est très vallonnée, favorisant ainsi les ruissellements.

Les prochaines semaines vont être décisives car de nouveaux phénomènes de ce type pourraient avoir lieu, et cela peut être terrible sur des sols gorgés d’eaux et rendus fragiles par les dernières pluies mais aussi par un phénomène d’ampleur en Amazonie, s’accentuant fortement ces dernières années : la déforestation.

Bolsonaro ne s’alarme pas

Ce genre d’évènements sont des choses qui arrivent : voici ce qu’a déclaré l’actuel président du pays en personne, après une tragédie du même type survenue à Petropolis, à proximité de la mégalopole de Rio de Janeiro. 233 décès avaient alors été recensés à l’époque de cette catastrophe naturelle survenue en février de cette année. Le président a été visé par de virulentes critiques pour ces propos par rapport à ce genre de catastrophe. Néanmoins, l’État d’urgence a été en vigueur dans 24 municipalités du Pernambouc. Jair Bolsonaro a récemment découvert (en survolant les zones concernées) les régions ayant subi les intempéries et les inondations lundi. Réponse du pouvoir : un crédit d’un milliard de réais (ce qui correspond à environ 198 millions d’euros) a été obtenu pour soutenir les sinistrés dans cette terrible épreuve.

Parallèlement, d’autres terribles inondations étaient survenues à la fin de l’année 2021 dans l’État de Bahia (situé au nord-est du pays), et ensuite en janvier 2022 dans le sud-est brésilien cette fois-ci, plus exactement dans les États de Sao Paulo et Minas Gerais. Ainsi, ce phénomène est malheureusement loin d’être isolé et est amené à se multiplier à l’avenir puisque les causes de ces catastrophes sont loin d’être réglées et vont même empirer dans le temps (déforestation, bétonisation et réchauffement climatique).