OpenAI dans la bataille des smartphones ?

OpenAI dans la bataille des smartphones ?

6 mai 2026 0 Par La rédaction

La société d’intelligence artificielle travaillerait avec plusieurs géants de la tech au développement de puces qui pourraient ensuite équiper un téléphone mobile.

On savait qu’OpenAI planchait sur un produit matériel ; ce que l’on ignorait en revanche – jusqu’ici du moins –, c’est qu’il pourrait s’agir d’un smartphone. Selon l’analyste réputé Ming-Chi Kuo, spécialiste des chaînes d’approvisionnement tech, l’entreprise dirigée par Sam Altman travaillerait sur un téléphone entièrement pensé autour de l’intelligence artificielle.

Le projet s’articulerait autour d’un partenariat stratégique avec trois poids lourds de l’industrie : MediaTek et Qualcomm pour le développement des processeurs, et Luxshare comme partenaire de co‑conception système et d’assemblage.

Au lieu d’un écosystème d’applications classique, l’appareil reposerait sur un modèle d’IA comme noyau du système, chargé d’orchestrer l’ensemble des tâches de manière « agentique ».

Les spécifications mises en avant insistent sur la capture et le traitement des données visuelles. Le smartphone embarquerait un processeur de signal d’image avancé avec un pipeline HDR renforcé pour optimiser la perception du monde réel par l’IA, ainsi que deux processeurs dédiés capables de traiter en parallèle les tâches de vision et de langage.

Une production de masse prévue pour 2028

Cette orientation répond à un enjeu stratégique pour OpenAI, qui accuse un retard notable en matière de données visuelles d’entraînement face à des concurrents comme Tesla, fort de millions de caméras embarquées dans ses véhicules, ou Meta, qui collecte des flux via ses lunettes connectées Ray‑Ban.

Le processeur utiliserait une version personnalisée du Dimensity 9600 de MediaTek, gravée sur le nœud N2P de TSMC. L’appareil bénéficierait aussi de mémoire et de stockage de dernière génération (LPDDR6, UFS 5.0), ainsi que de fonctions de sécurité destinées à isoler les différents processus.

Les puces destinées à ce futur téléphone ne devraient pas entrer en production de masse avant 2028, même si certains rapports évoquent désormais un calendrier accéléré autour de 2027. Cette stratégie interroge, alors que des fonctions d’intelligence artificielle sont déjà largement présentes sur les smartphones actuels.

Un projet qui a plus d’intérêt qu’il n’y paraît

Pour Ming‑Chi Kuo, ce pari présente pourtant plusieurs atouts pour OpenAI. Il avance trois raisons principales. La première tient au contrôle intégral du système d’exploitation et du matériel afin d’optimiser le service d’agent IA.

Deuxièmement, il y voit une manière de tirer parti du fait que le smartphone est le seul appareil qui capte en permanence l’état de l’utilisateur en temps réel (localisation, activités, intentions), une matière première cruciale pour des modèles d’IA contextuels.

« Les smartphones resteront la catégorie d’appareils à la plus grande échelle dans un avenir prévisible », résume Kuo. Il n’en reste pas moins que percer le marché avec un nouveau système d’exploitation relève d’un défi colossal, tant les habitudes des consommateurs sont profondément ancrées.

L’histoire récente a démontré la difficulté de cette entreprise, comme l’ont appris à leurs dépens Microsoft avec Windows Phone ou Amazon avec Fire Phone.