Le voilier qui ambitionne de concurrencer les cargos au diesel
13 mai 2026 0 Par La rédactionLa startup Vela mise sur un trimaran propulsé par le vent, capable d’assurer des délais de livraison rapides, afin de décarboner le transport maritime.
François Gabart a beau avoir mis un terme à sa carrière de navigateur, il n’a pas pour autant tourné le dos à la mer. Cofondateur de Vela, le skipper français, double vainqueur du Vendée Globe et détenteur du record du tour du monde en solitaire, prépare le lancement d’un cargo d’un genre nouveau.
Imaginé par des passionnés de l’océan, ce navire de 60 mètres de long pour 25 mètres de large ambitionne d’assurer un transport de marchandises entièrement à la voile sur la liaison transatlantique entre la France et les États-Unis.
Ses dimensions imposantes lui permettront d’embarquer jusqu’à 600 palettes, soit l’équivalent de cinq avions-cargo. Avec une cadence estimée entre 8 et 12 traversées par an, pour environ 400 tonnes de fret à chaque voyage, ce premier trimaran doit ouvrir la voie à une flotte plus large.
Quatre autres unités viendront progressivement compléter cette flotte, dès l’année prochaine pour la première, avec pour objectif d’atteindre un rythme d’un départ hebdomadaire. À terme, l’ensemble pourrait acheminer près de 48 000 tonnes de marchandises par an.
Des performances qui rivalisent avec le fret maritime classique
Grâce à une exploitation optimisée des vents, à une lecture fine des conditions météorologiques et à une vitesse moyenne de 14 nœuds (environ 26 km/h), le trimaran promet des temps de traversée inférieurs à deux semaines.
Des performances « comparables, voire supérieures, à celles du transport maritime traditionnel », selon les porteurs du projet. Cette rapidité repose sur plusieurs facteurs : une route plus directe, des opérations de chargement et de déchargement accélérées, ainsi que l’accès à des ports secondaires rendu possible par la taille du navire.
Cette efficacité s’appuie sur des décennies d’innovations issues de la course au large, désormais adaptées à une échelle industrielle. L’optimisation des voiles, le design affiné des coques et les systèmes avancés de routage météorologique ouvrent la voie à une exploitation commerciale viable du transport à la voile sur de longues distances.
Une expertise au service de la décarbonation
François Gabart, considéré comme l’un des marins les plus talentueux et rapides de sa génération, met son expérience de la course au large au service de cette initiative à vocation écologique.
“On a lancé Vela alors que j’étais déjà skipper, donc je faisais déjà le transfert entre la course au large et le monde maritime. C’est un vrai challenge. J’adore les challenges. Je les aimais en tant que sportif, je les aime aujourd’hui en tant qu’entrepreneur“, expliquait-il sur le plateau de BFM Business, l’année dernière.
L’enjeu est d’autant plus important que le transport maritime — responsable d’environ 3% des émissions mondiales de gaz à effet de serre selon l’Organisation internationale maritime (OMI) — figure parmi les secteurs les plus difficiles à décarboner.
“C’est une manière d’essayer de donner du sens à mon sport et de trouver des solutions pour le monde dans lequel on vit aujourd’hui. Sur la mer, il y a des solutions qui sont possibles qu’il faut réinventer parce que c’est vieux comme le monde“, confiait le champion en janvier, cette fois sur France 24.


