Amazon brise le silence sur la soif de ses data centers

Amazon brise le silence sur la soif de ses data centers

12 juin 2026 0 Par La rédaction

Pour la première fois, le géant du cloud révèle le volume exact d’eau consommé par ses gigantesques centres de données, dans un exercice de transparence forcé par la mobilisation croissante des communautés locales contre ces infrastructures jugées peu compatibles avec le climat.

Pour l’année 2025, les besoins en eau des data centers d’Amazon ont été estimés à environ 2,5 milliards de gallons, soit près de 9,5 milliards de litres. C’est ce qu’a annoncé le géant du commerce en ligne, jeudi 11 juin, dans un billet de blog.

C’est la première fois que le groupe de Seattle publie un total annuel absolu pour ses prélèvements hydriques à l’échelle mondiale, rejoignant ainsi Google, Meta et Microsoft, qui divulguent ce type de données depuis au moins 2020.

Cette annonce intervient alors que les centres de données, en particulier ceux qui supportent les charges de travail d’intelligence artificielle, font l’objet d’une attention accrue quant à leur empreinte environnementale.

Pour cause, plus les modèles d’IA gagnent en puissance, plus les serveurs chauffent. Et pour les refroidir, l’eau reste difficilement remplaçable. Les inquiétudes liées à la consommation d’électricité et d’eau ont donc déclenché des débats dans de nombreuses communautés.

Une démarche contrainte

Certains pouvoirs locaux envisagent même de limiter de nouveaux projets. Le conseil municipal de Seattle a ainsi voté à l’unanimité un moratoire d’urgence d’un an sur la construction de grands data centers à l’intérieur des limites de la ville.

Cinq projets, révélés en avril par le Seattle Times, auraient pu à eux seuls représenter jusqu’à un tiers de la demande électrique actuelle de la métropole.

Le conseil a parallèlement adopté un second texte demandant une étude d’impact complète de ces infrastructures sur l’électricité, l’eau, les tarifs des services publics, l’usage du foncier, l’emploi local et la santé publique, avant de définir une politique de long terme.

Plus largement, pas moins de 75 projets de centres de données ont été ralentis ou suspendus au premier trimestre 2026 aux États‑Unis sous la pression de mobilisations locales. Dans les zones arides de l’Ouest, chercheurs et associations réclament une transparence renforcée des entreprises du secteur.

L’efficacité revendiquée d’Amazon

La nouvelle transparence d’Amazon ne relève donc pas d’un simple élan volontaire. Le groupe met en tout cas en avant un ratio d’efficacité hydrique de 0,12 litre par kilowattheure, en amélioration de 52% depuis 2021. Il affirme faire sept fois mieux que la moyenne du secteur, située à 0,84 litre par kilowattheure.

La société souligne aussi les chiffres de ses rivaux — Google, Meta, Microsoft — dont les taux seraient nettement moins performants. L’entreprise fondée par Jeff Bezos rappelle enfin que les ménages américains utilisent environ 3,3 billions de gallons d’eau par an pour arroser pelouses et jardins, soit plus de 1 300 fois la quantité prélevée par ses centres de données.

Reste que les données publiées excluent la consommation indirecte liée aux centrales électriques qui alimentent ces infrastructures, un angle mort majeur que les observateurs n’ont pas manqué de souligner.