La France, bouclier vert de l’Europe ?

La France, bouclier vert de l’Europe ?

27 juin 2026 0 Par La rédaction

À l’occasion d’un récent Conseil de l’Union européenne, la ministre française du climat, Monique Barbut, a défendu avec fermeté les engagements pris par Bruxelles sur plusieurs dossiers clés, entre règlement automobile, traité plastique et fashion.

Face aux tentatives de certains États membres de revoir à la baisse des textes déjà négociés, la France a affiché une position ferme lors du Conseil Environnement de l’Union européenne, le jeudi 25 juin, par la voix de sa ministre du Climat, Monique Barbut.

Sur le dossier de la décarbonation du secteur automobile, Paris se place en minorité de blocage face aux propositions de plusieurs partenaires européens visant à assouplir des engagements déjà adoptés.

L’objectif de zéro émission à l’échappement fixé initialement pour 2035 a été remplacé fin décembre 2025 par une réduction de 90% des émissions de CO₂ par rapport aux niveaux de 2021 pour les voitures et les utilitaires légers. Les 10% restants devront être compensés via un mécanisme de crédits.

Dans le même temps, l’Allemagne plaide pour davantage de flexibilité, notamment en faveur des hybrides rechargeables, tandis que l’Italie souhaite intégrer des solutions comme les biocarburants aux côtés des véhicules électriques.

« Un très mauvais signal »

« Si on veut atteindre 90 % de réduction des émissions d’ici 2040, on ne peut pas reculer à chaque Conseil », a insisté la ministre, rejetant toute remise en cause des objectifs. Selon elle, un recul des ambitions climatiques en matière de mobilité enverrait « un très mauvais signal », alors que l’adoption des véhicules électriques progresse, notamment dans un contexte de tensions énergétiques liées au détroit d’Ormuz.

D’après l’Association pour la promotion des véhicules et mobilités électriques, 37 412 véhicules électriques ont été immatriculés en mai 2026, soit une hausse de 92,7% sur un an, pour une part de marché de 29%. Soit un niveau record.

À l’échelle européenne, ce segment représentait 22% des ventes en mai, en progression de 5 points par rapport à la même période en 2025, selon les données du Conseil international pour un transport propre, relayées par Reuters.

L’adaptation climatique, un chantier de long terme

La France appuie également sa position sur des arguments industriels. Le dispositif de leasing social permet aujourd’hui d’accéder à un véhicule électrique neuf à partir de 100 euros par mois.

Ce mécanisme devrait prochainement être étendu aux modèles d’occasion, avec des mensualités pouvant descendre jusqu’à 50 euros. Pour Monique Barbut, cette approche montre que la transition vers l’électrique peut être accessible au plus grand nombre.

Au-delà du secteur automobile, Paris souhaite impulser une dynamique en faveur de la transition écologique dans d’autres industries, notamment la mode, en s’appuyant sur une législation pionnière à l’échelle européenne.

Concernant les négociations internationales sur le traité plastique, la France défend une approche couvrant l’ensemble du cycle de vie des matériaux, y compris leur production. Plus largement, la ministre a rappelé que le pays fait partie des rares États européens à disposer d’un plan d’adaptation au changement climatique assorti d’objectifs chiffrés et contraignants, avec une trajectoire de réchauffement de 2 °C à l’horizon 2050 et de 4 °C d’ici 2100.